Réhabilitation de la mine de Kalsaka : La CODEL interpelle le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré

Dans le cadre du Programme Présimètre, les Organisations membres de la  Convention des Organisations de la société civile pour l’Observation Domestique des Elections (CODEL) ont choisi de faire le suivi des politiques publiques dans deux secteurs principaux dont l’éducation et les mines. Pour ce faire, la CODEL  a réalisé deux films documentaires qui retracent la situation exacte à Kalsaka après la fermeture de la mine et aussi sur l’éducation en situation d’urgence. La présentation  de ces films a fait l’objet d’un atelier ce mardi 13 avril 2021 à Ouagadougou. L’atelier a réuni des représentants des organisations de la société civile et du ministère de l’éducation nationale, des journalistes, et des chercheurs en sciences sociales ainsi que le maire de Kalsaka. Objectif final, faire un plaidoyer auprès des autorités avec en tête le chef de l’Etat pour des actions fortes en vue de la réhabilitation de la mine de Kalsaka  et une meilleure prise en charge des élèves déplacés internes.

Mine de Kalsaka: Un désastre socio économique et environnemental

De l’eau polluée (à cause du cyanure)  impropre à la consommation, un environnement complètement dégradé, des maisons fissurées suite aux explosions, plus de terre cultivable encore moins de pâturage pour le bétail, un tissu social fracturé, en somme des conditions de vie complètement dégradées. Voici le désastre qu’il est donné de constater aujourd’hui à Kalsaka après la fermeture de la mine en 2014, démontre le documentaire intitutlé « Kalsaka, Or ou Malheur »  

« La vie était meilleure ici à Kalsaka avant l’installation de la mine. Franchement ne souhaitez pas qu’une mine s’installe dans votre village sinon, c’est la désolation totale» déplore un habitant de Kalsaka.  

« Moi, ma principale inquiétude, c’est l’eau. Nous n’avons plus de bon forage. Lorsque nous aurons un bon forage et que j’aurai l’assurance que mes enfants et mes petits-enfants pourront avoir de l’eau potable, je pourrai partir et reposer en paix » ajoute un autre vieux du village, le regard attristé.

Au regard de cette situation, il est plus que urgent que les autorités s’engagent dans la réhabilitation de cette mine.

Et pour M. DA HIEN, vice-président de la CODEL, la personne la mieux habilité à agir véritablement, c’est le Chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré lui-même. «  Aujourd’hui, nous comptons beaucoup sur SEM Roch Marc Christian Kaboré pour que instruction soit donné afin qu’une décision idoine soit prise pour Kalsaka. C’est un cas d’école. Une fois que nous abordons Kalsaka et que nous trouvons des solutions appropriées, cela servira d’exemple pour les autres exploitations minières en cours au Burkina Faso » a-t-il  indiqué.

M. DA HIEN, vice-président de la CODEL

Notons par ailleurs que le fond de développement minier d’une valeur de un milliard six cent millions (1.600.000.000) francs CFA alloué à la commune de Kalsaka n’est toujours pas décaissé.

Mine au Burkina Faso: Nos autorités sont compromis

Les participants à cet atelier dans leur grande ont pointé du doigt la super puissance de ces mines qui s’installent dans notre pays et qui ne se conforment pas toujours aux textes établis. De même, bon nombre d’autorités burkinabè ont des intérêts dans ces mines et sont très souvent compromis, d’où la difficulté à assurer un meilleur suivi et contrôle des activités des sociétés minières.  Par exemple le DG de l’environnement a déjà été refoulé d’une mine lors d’un contrôle. Il convient donc que les différents acteurs de la société civile, les médias, les autorités locales et surtout les populations restent en alertes pour dénoncer  ces abus et contribuer à faire changer significativement les choses.

L’éducation en situation d’urgence: la résilience des populations

La seconde thématique abordée lors de cet atelier traite de l’éducation notamment l’éducation en situation d’urgence. Le film documentaire projeté à cet effet montre d’un côté la résilience des populations et  de l’autre la proactivité du ministère en charge de l’éducation nationale et l’accompagnement des OSC et des organismes internationaux face aux nombreuses crises sécuritaires et sanitaires auxquelles elles font face.  

En effet Au regard de l’impact de la crise sécuritaire sur le développement du système éducatif burkinabè, en lien avec la fermeture des établissements du pré-scolaire, du primaire, du post primaire et du secondaire, une stratégie de scolarisation des élèves des zones à forts défis sécuritaires avait été élaborée et adoptée. Dans cette stratégie, l’accent était mis sur les crises liées aux défis sécuritaires à l’époque, dans des zones bien déterminées. En plus du défi sécuritaire que vit le pays, il y a la covid19 et des facteurs à risque tels que les inondations, les vents violents et les risques sanitaires qui ont aussi affecté profondément le système éducatif burkinabè. Pour le ministre en charge de l’Education nationale, Stanislas Ouaro, « il s’est avéré important d’enrichir la stratégie de scolarisation des élèves des zones à forts défis sécuritaires avec une annexe qui intègre les autres types d’urgence et d’élargir la couverture géographique de la stratégie à l’ensemble du territoire national d’où l’élaboration de la stratégie nationale d’éducation en situation d’urgence.»

Il s’agit entre autres d’améliorer la prise en charge des élèves déplacés internes et  des enseignants sur le plan psychologique, la réalisation d’infrastructures scolaires supplémentaires dans des zones de concentration des élèves déplacés internes et la réhabilitation d’infrastructures dégradées.

En outre des écoles déplaçables ont été construites et des espaces Amis d’Enfants aménagés pour continuer à offrir un cadre d’apprentissage et de divertissements aux enfants.

Des efforts sont faits mais il reste encore beaucoup à faire, car des élèves déplacés internes peinent à poursuivre leurs scolarité, faute de moyen financier. L’autorité est encore interpellé pour que des mesures idoines soient prises.

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