Si Badr Hari et Jamal Ben Saddik ont longtemps porté le flambeau du Maroc dans les sports de combat, en kickboxing précisément, d’autres leur ont bien emboîté le pas en MMA (arts martiaux mixtes). A l’instar des frères Abu et Othman Azaitar. Parmi eux, figure aussi un jeune Lion qui entend tracer son propre chemin dans l’impitoyable tanière du MMA : Youssef Zalal. Le Marocain de 24 ans, basé aux Etats-Unis, affiche déjà un joli palmarès depuis ses débuts dans l’octogone.

En 2020, le «Diable marocain» a dominé trois adversaires, dont l’Américain Peter Barret, qui a mordu la poussière par décision unanime des juges à Las Vegas. C’était en août dernier. Zalal, alors seul à totaliser trois victoires à l’UFC à cette période, s’inclinera toutefois face à Ilia Topuria (octobre 2020) et Seung Woo Choi (février 2021). Mais durant l’année écoulée, ses performances lui avaient valu une place parmi les 10 meilleurs nouveaux arrivants à l’UFC en compagnie notamment de son tombeur Topuria. En tout, il a disputé 14 combats en MMA, pour 10 victoires et 4 revers. Une belle entrée en matière donc !

Au bord du suicide

Fighter au regard perçant, Youssef Zalal affiche une certaine témérité dans l’octogone. Le natif de Casablanca a en effet le combat dans le sang. Enfant, il ne se débinait pas lorsqu’on voulait s’en prendre à lui dans la rue. Zalal a toujours eu le cran d’affronter ses «adversaires» ou de répondre à une provocation. Pourtant, rien ne le prédestinait encore à percer en MMA. Car, le Casablancais a démarré dans un autre sport.

«Je n’ai jamais voulu faire du kickboxing, mais ma mère m’a fait faire cette discipline quand j’étais jeune. Et j’en suis tombé amoureux par la suite», confie-t-il à Sport News Africa. Mais subitement, il opère un petit virage pour tomber dans un autre monde, pas si éloigné du kickboxing. Là aussi, pas par pur amour. «Je n’aimais pas le MMA jusqu’à ce que j’arrive aux Etats-Unis», explique-t-il.

Zalal a commencé dans les sports de combat à l’âge de 10 ans. Venu aux États-Unis à 13 ans, il suit cette voie que lui trace sa maman. Adolescent, il fait ainsi ses preuves. Et c’est dans le Colorado qu’il devient le numéro 5 des poids plumes. Zalal est également ceinture violette en jiu-jistu. Son parcours est tout de même parsemé d’embûches. En cause, le décès de son frère. Un drame familial qui a failli le pousser au suicide à un stade de sa vie. «Il y a onze ans, j’étais au Maroc. Je ne savais pas ce que j’allais faire de mon avenir (…). Et, lorsque mon frère est mort, il y a cinq ans, j’étais au bord du suicide», expliquait-il après avoir remporté un combat à l’UFC.

Moroccan Devil - Youssef Zalal-MMA

Youssef Zalal

Humilité, travail, les clés de Youssef Zalal

Passés ces durs moments, son choix du MMA lui sourit. Aujourd’hui, il y fait son bonhomme de chemin et affiche un palmarès respectable à son âge. Malgré les deux derniers revers, il n’y a pas de quoi le freiner. Zalal affiche un optimiste mesuré à l’approche de son duel contre Sean Woodson le 5 juin.

«Je me prépare en profitant de mon temps et en essayant de perdre du poids», poursuit le Marocain. La nouvelle terreur des poids plumes a de «bonnes sensations», mais reste tout de même humble. «J’ai encore beaucoup de travail à faire», reconnaît-t-il.

Le Marocain se souvient par ailleurs de son premier combat à l’UFC avec beaucoup d’émotion. «C’est mon combat préféré, car il marque mes débuts à l’Ultimate Fight Championship (UFC). C’est l’un des meilleurs moments de ma jeune carrière», dit-il à SNA. Face à Austin Lingo, Zalal avait brillamment réussi son baptême du feu dans l’octogone.

Inspiré par Badr Hari

Si son surnom parait parfois prétentieux à porter en raison de sa jeune carrière et de tous les défis qui se dressent encore, le Marocain affirme que ce n’est pas un choix personnel. «Mon ancien entraîneur avait commencé à m’appeler le diable marocain parce qu’il savait que j’aimais beaucoup regarder Badr Hari… Alors nous avons finalement conservé ce surnom», explique Youssef Zalal. Ce surnom lui va bien. Dans l’octogone, il ouvre diaboliquement ses yeux lorsqu’il prend le dessus sur ses rivaux avec une étreinte dont il a le secret. Une signature qui a de quoi provoquer quelques frissons. Dans 24 heures, il devra gratifier ses fans de ses démonstrations face à Sean Woodson, «The Sniper».

Mohamed HADJI

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