ONEA BURKINA : Un relevé de compteur bimestriel pour une facturation mensuelle

Les premiers responsables de l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) avec à leur tête le Président du Conseil d’administration M. Alassoun SORI, ont échangé ce jeudi 29 avril 2021 avec les hommes et femmes de médias à Ouagadougou. Avec ses derniers, ils ont apporté plus de précisions  sur le nouveau système de  facturation adopté d’ailleurs en conseil des ministres la veille et de la continuité de la fourniture d’eau.

Incompréhension, frustration, récriminations, voici ce qui avait été  donné de constater et même continue d’être observées au sein de la population vis-à-vis de l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) à la suite de l’instauration de la double facturation. Sur les médias comme sur les réseaux sociaux les uns et les autres tirent à boulet rouge sur l’institution. En dépit des explications apportées, bon nombre d’abonnés ne comprennent toujours pas ou refusent tout simplement d’accepter la nouvelle formule de facturation, qui selon eux aurait entraîné une surfacturation. Dans tous les cas une question centrale préoccupe le consommateur : Pourquoi l’ONEA persiste à maintenir ce nouveau  système de facturation malgré les nombreuses plaintes ? Pourquoi d’ailleurs avoir changé un système qui marchait depuis maintenant 60 ans et auquel les consommateurs étaient le plus habitué ? Cette nouvelle sortie médiatique de l’ONEA a permis de clarifier davantage les choses.

ONEA BURKINA: du système de relevé mensuel à au système de relevé bimestriel

 Selon le PCA de l’ONEA, M. Alassoun SORI : « l’ONEA enregistre, depuis 2010, une croissance annuelle de 40 000 abonnés environ, contre 3 500 abonnés par an en moyenne entre 1960 et 2010. Au cours de l’année 2020, le nombre de Burkinabè disposant d’un branchement à domicile a franchi la barre des 510 000. L’ONEA est ainsi passé de 185 000 abonnés en 2010 à 510 000 abonnés en 2020 soit une croissance de 275% en 10 années, ce qui est conséquent. » Et selon les projections, le nombre de clients atteindrait 1 000 000 d’abonnés à l’horizon 2030.

Ce qui est louable, étant donné que de plus en plus les burkinabè ont accès à de l’eau courante potable. Seulement, cette croissance du nombre d’abonnés n’est pas toujours synonyme de croissance conséquente du chiffre d’affaire et donc des revenus de l’ONEA. Autrement dit « les ressources financières de l’institution ne suivent pas de façon linéaire l’augmentation du nombre d’abonnés, car la majorité des abonnés se trouvent dans la tranche sociale» explique le Directeur général de l’ONEA, M. Frédéric François Kaboré. « Et ils (les abonnés de la tranche sociale) ne paient pas plus de 1.500 à 2.000 francs CFA par mois » ajoute le Directeur du Système d’information M. Benjamin MEDA. D’où la nécessité pour l’ONEA de trouver des alternatives pour continuer à assurer sa mission sociale tout en restant rentable. Ainsi, plutôt que de recruter continuellement du personnel releveur pour assurer la couverture de l’ensemble des abonnés, ce qui augmentera encore plus les charges de gestion,  l’ONEA a jugé rationnel d’opter pour le passage d’un système de relevé mensuel à un système de relevé bimestriel.

Système  de relevé bimestriel, voici ce que cela implique !

Au regard de  la persistance des plaintes liées au système de relevé bimestriel, l’ONEA a organisé un atelier bilan de la mise en œuvre du relevé bimestriel les 14 et 15 avril 2021 à Koudougou sur le thème : « Le Relevé Bimestriel (RBM), perspectives pour améliorer la satisfaction des clients ». Cette démarche consensuelle selon le PCA, a impliqué les acteurs internes comme externes afin de parfaire le système et améliorer les performances techniques, financières ainsi que les objectifs de satisfaction des clients. Il s’agit entre autres de l’administration publique, de  la Ligue des Consommateurs du Burkina, des organisations de la société civile… A l’issue de cet atelier  quatre (04) principales conclusions consensuelles ont été adoptées  en guise d’amélioration :

Le nouveau scénario proposé supprime les estimations et retient que les relevés se feront une fois tous les deux mois ;

– La consommation réelle de ces deux mois est simplement divisée en deux pour être facturée chaque mois ;

– Les deux factures auront des dates limites de paiement différentes pour tenir compte du pouvoir d’achat des consommateurs ;

– Les tranches sociales sont maintenues et le consommateur retrouve ses habitudes de consommation à partir de la lecture du compteur.

ONEA BURKINA: Bientôt des compteurs prépayés

Au-delà de ces nouvelles réformes, l’ONEA envisage mettre à profit le digital. En effet, des équipes burkinabè ont déjà effectué une première mission à Abidjan et une seconde en Turquie pour s’inspirer de bon modèles afin de proposer des compteurs prépayés mieux adaptés. Une phase pilote est actuellement en cours dans le quartier Rimkieta à Ouagadougou. Les résultats de cette phase pilote permettra d’optimiser le déploiement des compteurs prépayés à grande échelle. Lorsque de déploiement des compteurs prépayés sera opérationnel, cela permettra progressivement d’améliorer davantage le service et réduire considérablement les problèmes de facturation.

Le PCA rassure par ailleurs les populations de son engagement à fédérer toutes les énergies pour leur mieux-être et leur demande d’accompagner l’ONEA de manière citoyenne car cela y va de l’intérêt de tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire aussi

Jean-Louis Billon : figure de proue de la nouvelle garde politique ivoirienne

Après toutes les péripéties subies par l’arène politique ivoirienne, tout le monde observe…