Ousmane SONKO-opposant sénégalais

La convocation devant un juge de l’opposant, Ousmane Sonko, sous le coup d’une plainte pour ‘’viols répétés’’ et ‘’menaces de mort’’, est largement relayée et commentée par la presse sénégalaise ce mardi 02 mars 2021.

L’affaire partie d’une plainte déposée par Adji Sarr, une jeune masseuse, contre le candidat arrivé troisième à l’élection présidentielle de 2019, a vite pris des proportions politico-judiciaires ayant débouché dans un premier temps sur la levée, vendredi, de l’immunité parlementaire de Sonko.


La perte de cette immunité parlementaire pour le leader des Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), a ouvert la voie à sa convocation par un juge d’instruction pour ce mercredi.


‘’Mercredi de vérité pour Ousmane Sonko’’, affiche en Une Le Témoin. Dans ses colonnes le journal insiste sur le fait que l’instruction de la plainte déposée contre le député sera faite en mode ‘’fast-track’’ (rapide).


‘’Après l’audition de la plaignante, une employée d’un salon de beauté et de massage, de la propriétaire dudit salon et d’une autre employée, c’est autour d’Ousmane Sonko d’être convoqué demain mercredi’’, souligne le journal.


Les journaux ne se limitent pas à annoncer la convocation de Sonko, certains spéculant sur l’éventualité d’un refus de l’opposant de répondre à une telle convocation après avoir récusé le magistrat instructeur.


‘’Partira, partira pas : le leader de Pastef est convoqué pour mercredi. Il avait averti qu’il ne déférera pas devant le juge du 8ème cabinet qui, selon lui, est réputé faible et non indépendant et qu’il allait le récuser’’, estime ainsi le Quotidien.


A sa Une, Vox populi pose la même question : ‘’Convoqué par le juge demain à 9 h, Sonko va-t-il répondre ?’’.


‘’A peine a-t-il reçu notification de la levée de l’immunité parlementaire du député Ousmane Sonko que le juge d’instruction en charge du dossier a mis en branle la machine judiciaire. Le juge du 8e cabinet, Mamadou Seck n’a pas perdu de temps. Il a adressé une convocation en bonne et due forme au président du parti Pastef’’, fait savoir le journal.


D’autres tirent des plans sur la comète en anticipant de possibles conséquences à l’image du journal Enquête qui évoque l’odeur du souffre en illustrant sa Une d’une photo montrant des manifestants qui apostrophent un policer impassible.


‘’Après les enseignants, c’est un autre syndicat influent de fonctionnaires qui dénonce des arrestations arbitraires. Un pas de plus vers des dérives qui menacent le pays, depuis les accusations de viols et de menaces de mort à l’encontre du principal opposant au régime en place’’, alerte la publication.

Dans cette affaire, Sud Quotidien entrevoit des ‘’risques susceptibles de peser sur le pouvoir’’ et donne la parole au journaliste Momar Diongue.


‘’La situation actuelle est d’une si extrême gravité que l’on craint que le pays ne connaisse un emballement. Pour la première fois au Sénégal, il y a un gros risque surtout avec cette ambiance de colère et cette volonté de faire face à cette situation vue par certains comme une oppression contre l’Etat de droit qui commence à prendre une ampleur nationale. Le pouvoir en place joue donc gros et le régime risque d’être vacillé avec cette série de manifestations’’, soutient l’analyste dans des propos rapportés par le journal.


D’autant plus que des ‘’partis font bloc autour de Sonko’’, au moment où le pouvoir est en train d’en découdre avec les sympathisants et partisans du leader de Pastef.


‘’Ces derniers sont épiés et arrêtés pour leurs moindres faits et gestes. Certainement une manière de les affaiblir au maximum avant de convoquer ou de cueillir leur leader qui veut engager la résistance’’, analyse le journal.

Pendant ce temps, L’Obervateur s’intéresse à la situation de l’épidémie de Covid-19, un an après son début au Sénégal et titre en Une : ‘’Une année si vile’’.

Avec l’APS

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