la ministre de la jeunesse Néné Fatoumata Tall
Le Sénégal a vécu ces derniers jours des scènes de violences à la suite l’interpellation de l’opposant politique sénégalais Ousmane Sonko. Beaucoup de jeunes sont sortis dans la rue pour manifester leur ras-le-bol face aux difficultés qu’ils vivent de plus en plus. Parmi ces difficultés, la problématique du chômage grandissant demeure la principale; ce qui a poussé ces jeunes à profiter de l’affaire Adji Sarr/Ousmane Sonko, pour faire exploser le trop-plein. Pour en parler, nos confrères de Dakaractu se sont entretenus avec la ministre de la jeunesse Néné Fatoumata Tall. Elle s’est exprimée sur les difficultés que rencontrent les jeunes surtout dans ce contexte de crise sanitaire imposée par la pandémie de covid-19. Entretien…

Dakaractu – Ces derniers jours, nous avons assisté à des manifestations qui sont généralement jugées comme étant  l’aboutissement de nombreuses  frustrations. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Permettez-moi tout d’abord de renouveler mes condoléances aux familles des jeunes décédés lors des manifestations. 

Le pays a vécu une situation regrettable qui s’explique par une certaine frustration sociale d’une frange de la jeunesse et qui rappelle que nous devons encore travailler davantage. C’est une situation qu’il ne faut pas forcément imputer au gouvernement, mais à deux autres facteurs : la crise pandémique qui accentue le chômage et les difficultés socio économiques et frustrations émanant des restrictions des conditions d’épanouissement de la jeunesse, eu égard à l’état d’urgence que nous avons vécu.

Dakaractu – Le chef de l’État, ayant fait une sortie, après de larges médiations pour parler à son peuple, a signifié que le message des jeunes a été bien saisi. Qu’est ce qui n’a pas marché et a conduit le président à sortir un budget si conséquent pour la jeunesse désemparée ?

Depuis son arrivée à la tête du pays, le Président Macky Sall a beaucoup fait pour les jeunes. Mais la nouvelle structuration démographique du Sénégal change la donne et appelle à une approche orientée  plus sur une stratégie structurelle, vu les urgences et l’impatience d’une frange des jeunes. Et cela peut se comprendre. Avec 65% de la population, constitué de jeunes, le Sénégal est dans une situation inédite qu’aucun des prédécesseurs du Président Macky Sall n’a vécue. Le Président Macky Sall est tombé dans cette situation. Il a beaucoup fait pour la jeunesse, mais certains ont comme l’impression du contraire. Il a fait pour la jeunesse plus que tous ses prédécesseurs. Les illustrations ne manquent pas.

Entretien / Problématique de l'emploi des jeunes, récentes manifestations au Sénégal, situation socio-politique : Néné Fatoumata Tall à cœur ouvert...

Dakaractu – Ne pensez-vous pas qu’il y a un échec de la politique d’emploi pour la jeunesse ?

C’est une considération relative. Il y a une recrudescence du taux de chômage imputable à une situation pandémique planétaire et pas que propre au Sénégal et encore moins imputable à une quelconque mauvaise politique. Il y a des ajustements à faire dans l’approche et nous nous y attelons sans cracher sur tout ce qui a été fait. Parce que j’estime qu’il y a beaucoup de choses positives réalisées qu’il faut consolider. 

Dakaractu – La politique de jeunesse est bien différente de celle de l’emploi. Quels sont cependant, les types de formation adéquate qu’il faudra tourner vers la jeunesse pour qu’elle puisse obtenir des emplois appropriés ?

Dans cette crise, beaucoup font l’amalgame entre la politique de jeunesse et la politique de l’emploi. Bien que les deux ne soient pas liées du fait de la transversalité de la cible, la politique de jeunesse est incarnée par le Ministère de la jeunesse et celle de l’emploi par le Ministère de l’emploi. Ce qui explique que la responsabilité tout comme l’engagement sont à plusieurs niveaux et concerne tout le monde.

En ce qui nous concerne au Ministère de la Jeunesse, notre mission est de protéger, encadrer et éduquer des jeunes (18 à 35 ans en général) autour des valeurs citoyennes, civiques, patriotiques. Nous avons développé au ministère des programmes et projets répondant à ce que nous pensons approprié pour les objectifs que nous nous sommes fixés. 

Dakaractu – En tant que ministre chargée de la jeunesse au Sénégal, qu’est ce qui manque à cette tranche d’âge, avenir du Sénégal ?

Nous avons une jeunesse consciente, ambitieuse et très entreprenante. Il faut renforcer les moyens pour mieux l’encadrer et lui permettre d’éclore. Il faut nous poser la question de savoir quels adultes nous voulons avoir demain? Quel type de sénégalais voulons-nous être demain? Et œuvrer à y apporter des réponses.

Dakaractu – Ces jeunes, sortis massivement ces derniers jours, ont pour la plupart tiré sur le régime, pensant être des oubliés de la république. Ayant en charge ce département, avez-vous, de concert avec les autres acteurs qui sont dans l’emploi, la formation, mis en place des mécanismes pour sortir ces jeunes de la situation de précarité ?

On peut comprendre ce sentiment et une certaine frustration. Nous avons toujours travaillé en synergie et en bonne intelligence avec tous les autres départements ministériels, eu égard au caractère transversal et multidimensionnel de la cible, la jeunesse. Les nouvelles orientations ne changent pas cette approche synergique et transversale, mais renforcent les moyens et les méthodes.

Dakaractu – D’après toutes ces politiques entreprises à l’endroit de la jeunesse et qui n’ont’ visiblement’ pas résolu le problème, n’est-il pas temps de changer de paradigme ?

La réflexion est relative et continue. Nous travaillons déjà sur les moyens de renforcer nos actions conjointes dans le but d’étendre qualitativement et quantitativement la prise en charge des jeunes et de réduire davantage le taux de chômage. Si aujourd’hui nous devons passer par un changement de paradigme, nous le ferons car le seul but c’est l’efficacité.

Dakaractu – Pensez-vous que le chef de l’État a assez convaincu la jeunesse suite à sa récente sortie ?

L’idée n’est pas de convaincre qui que ce soit par la parole, mais par les actes. En bon Chef de famille, le Président Macky Sall devait parler pour ramener le calme dans le pays. Personne n’aime ce pays et la jeunesse sénégalaise plus que lui. Personne n’a autant fait pour cette jeunesse que lui. Il a érigé la jeunesse en « sur priorité » et le matérialise par plusieurs actes parmi lesquels on peut citer entre autres le PSE-Jeunes, le CNIEJ, la résolution définitive de la question des bourses estudiantines… 

Dakaractu – Cette affaire Ousmane Sonko- Adji Sarr défraie la chronique ces dernières semaines et a provoqué plusieurs événements indésirables. Votre lecture ?

C’est une affaire privée sur la table de la justice. Je n’ai pas d’avis là-dessus si ce n’est que tous les sénégalais sont égaux devant la loi et que personne n’est au-dessus de la loi.Les sénégalais doivent accorder à Mlle Adji Sarr le même respect et les mêmes présomptions que M. Ousmane Sonko au lieu de fouler au pied sa dignité de femme. 

Dakaractu – Que pensez-vous des 10 commandements de Ousmane Sonko ?

Ah bon, il a fait des recommandations? J’étais pas au courant. Si tel est le cas, c’est peine perdue. Lorsqu’on l’a appelé dans le dialogue national pour l’unité et la synergie dans l’intérêt du Sénégal, il avait décliné l’invitation du Président. Il n’a aujourd’hui rien à proposer et encore moins à exiger de qui que ce soit.

dakaractu.com

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